A FOR EFFORT

🇮🇪 🇺🇸 🇦🇺

 
Confidence is a hard commodity to have nowadays and in my opinion grading is one of the reasons why it is so.

I believe the phrase, “you get an A for effort” is mostly used ironically. It is a way to tell you your work was not good enough even if you tried your best. 

Grading takes different forms according to the country, letters, percentiles or numbers but it has the same purpose and the same effects.

At some stage in France people talked about how to grade. Do you start from zero and add points to reward accomplishment or do you start from the top grade, whether it is 20 or 100, and take away points to sanction for what is missing from the student’s production? That is such a teacher issue to have…

 

When I was a student I would only see where the bar had been set. When I didn’t get the maximum grade I would think that I was not good enough. Whether I had been rewarded or sanctioned the message would still be, “NOT GOOD ENOUGH”. Each and everyone of these grades made a chink in the armor of my confidence. It eroded through time as I moved from one class to the next. Even getting a full mark was not enough to repair it, it just provided a respite until the next test put me in the same situation. I felt measured, evaluated, compared to others, and forced to uphold to a standard that had been set for me by someone who did not take into account my life, my choices, my hardships. I was not learning for fun anymore. I was just trying to fit in, not to make waves.

 

Sometimes the way to grade or to evaluate changes, you get a red, an orange or a green dot instead of a number. Is that supposed to be gentler? This color coding is so linked to traffic light that it carries a lot of meaning. Red is an interdiction preventing you to move forward. Orange is a warning, you are in a dangerous situation. Finally green is an incitation to keep moving because people are coming up behind you. 

 

Students perceive evaluations as an obligation to answer criteria regarding subjects they did not decide to do, but that they will do anyway not to be left on the side of the road. (Road… traffic light… see what I did there? )

 

I guess this system transforms everyone. We get so used at being judged that we turn into judges ourselves. “But if this is how society works, it must be right?” – REALLY?- We have even turned our screens into judging machines, we vote for the best singer, chef, model, make-up artist. And if you are not good enough no one will turn their chair around for you. It is all so normal.

 

I hear all those that will say “rejection is part of the world, you have to get used to it”. But when you do some deep diving you wear a wetsuit, you carry bottles to help you breath, and you respect decompression stops to be safe. Those things will keep you alive when you are under pressure and your body is asking for air to keep functioning.

Confidence IS your wetsuit AND your oxygen tank AND your decompression stops. You need some to face the world.

 

I think there should be no other purpose to school than to build students’ confidence, in themselves, in their skills, to help them understand that they are good enough to follow a path that suits them. I don’t think grading helps that purpose. 

Students should learn in order to feed their curiosity, to gain knowledge or skill, not to get a mark. 

They should be praised whenever they are proactive. Let’s build a generation full of confidence.

 

🇫🇷 

La confiance en soi est une denrée rare de nos jours et, à mon avis, le système de notation y est pour quelque chose.

Je crois que l’expression anglophone « A for effort » est surtout utilisĂ©e de manière ironique. C’est une façon de vous dire que votre travail n’est pas assez bon, mĂŞme si vous avez fait de votre mieux.

La notation prend différentes formes selon les pays, lettres, pourcentages ou chiffres, mais elle a le même but et les mêmes effets.

En France, Ă  un moment donnĂ©, on s’est demandĂ© comment noter. Est-ce qu’on part de zĂ©ro et on ajoute des points pour rĂ©compenser la rĂ©ussite ou est-ce qu’on part de la note maximale, qu’elle soit de 20 ou de 100, et on enlève des points pour sanctionner ce qui manque dans la production de l’Ă©lève ? C’est bien une prĂ©occupation de prof…

Lorsque j’Ă©tais Ă©tudiant, je ne voyais que l’objectif Ă  atteindre. Lorsque je n’obtenais pas la note maximale, je pensais que je n’Ă©tais pas assez bon. Que je fusse rĂ©compensĂ© ou sanctionnĂ©, le message Ă©tait toujours le mĂŞme : « PAS ASSEZ BON ». Chacune de ces notes a abĂ®mĂ© l’armure de ma confiance. Elle s’est Ă©rodĂ©e avec le temps, au fur et Ă  mesure que je passais d’une classe Ă  l’autre. MĂŞme l’obtention d’une note complète ne suffisait pas Ă  la rĂ©parer, elle offrait juste un rĂ©pit jusqu’Ă  ce que le test suivant me mette dans la mĂŞme situation. Je me sentais mesurĂ©, Ă©valuĂ©, comparĂ© aux autres et obligĂ© de respecter une norme qui avait Ă©tĂ© Ă©tablie pour moi par quelqu’un qui ne tenait pas compte de ma vie, de mes choix, de mes difficultĂ©s. Je n’apprenais plus pour le plaisir. J’essayais juste de m’intĂ©grer, de ne pas faire de vagues.

Il n’est pas rare que la façon de noter ou d’Ă©valuer change, on obtient parfois un point rouge, orange ou vert au lieu d’un chiffre. Est-ce censĂ© ĂŞtre plus doux? Ce code couleur est tellement liĂ© aux feux de signalisation qu’il est porteur de beaucoup de sens. Rouge est une interdiction qui vous empĂŞche d’avancer. Orange est un avertissement, vous ĂŞtes dans une situation dangereuse. Enfin, vert est une incitation Ă  continuer d’avancer car des personnes arrivent derrière vous.

Les Ă©lèves perçoivent les Ă©valuations comme une obligation de rĂ©pondre Ă  des critères concernant des sujets qu’ils n’ont pas dĂ©cidĂ© d’aborder, mais qu’ils feront quand mĂŞme pour ne pas ĂŞtre laissĂ©s sur le bord de la route. (Route… feu rouge… vous voyez ce que j’ai fait lĂ ? )

Je suppose que ce système transforme tout le monde. Nous sommes tellement habituĂ©s Ă  ĂŞtre jugĂ©s que nous devenons nous-mĂŞmes des juges. « Mais si c’est comme ça que la sociĂ©tĂ© fonctionne, ça doit ĂŞtre bien? » – VRAIMENT? – Nous avons mĂŞme transformĂ© nos Ă©crans en machines Ă  juger, nous votons pour le meilleur chanteur, chef, mannequin, maquilleur. Et si vous n’ĂŞtes pas assez bon, personne ne retournera sa chaise pour vous. Tout cela semble tellement normal.

J’entends tous ceux qui diront « le rejet fait partie du monde, il faut s’y habituer ». Mais lorsque vous faites de la plongĂ©e, vous portez une combinaison de plongĂ©e, vous transportez des bouteilles pour vous aider Ă  respirer et vous respectez les paliers de dĂ©compression pour ĂŞtre en sĂ©curitĂ©. Ces Ă©lĂ©ments vous permettent de rester en vie lorsque vous ĂŞtes sous pression et que votre corps a besoin d’air pour continuer Ă  fonctionner.

La confiance EST votre combinaison de plongĂ©e ET votre bouteille d’oxygène ET vos paliers de dĂ©compression. Vous en avez besoin pour affronter le monde.

Je pense que l’Ă©cole ne devrait avoir d’autre but que de renforcer la confiance des Ă©lèves, en eux-mĂŞmes, en leurs compĂ©tences, de les aider Ă  comprendre qu’ils sont suffisamment bons pour suivre une voie qui leur convient. Je ne pense pas que la notation contribue Ă  cet objectif.

Les Ă©lèves devraient apprendre afin de nourrir leur curiositĂ©, d’acquĂ©rir des connaissances ou des compĂ©tences, et non pour obtenir une note.

Ils devraient ĂŞtre fĂ©licitĂ©s chaque fois qu’ils sont proactifs. Et si nous construisions une gĂ©nĂ©ration pleine de confiance en soi pour changer ?

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